Il y a des jours où je suis pleine d’élan, où j’ai l’impression que rien ne pourra me détourner de mes projets.
Et puis il y a tous les autres jours. Les jours sans, ceux où l’excitation s’est évaporée sans prévenir. Où je sais ce que j’ai à faire… mais où je n’en ai tout simplement pas envie.
J’ai longtemps cru que pour avancer, il fallait attendre le bon moment.
Que l’inspiration allait frapper à ma porte. Mais en vérité, le moment parfait ne vient jamais.
Et c’est là que j’ai compris que la motivation n’était rien d’autre qu’un bonus, mais en aucun cas une stratégie.
C’est agréable quand elle est là, mais elle est trop capricieuse pour qu’on lui confie notre avenir.
La motivation est un leurre mais la Résistance est bien réelle
Quand on se lance dans un projet qui nous tient à cœur, on commence souvent avec une bonne dose d’énergie. Ca part d’un rêve, d’une idée ou d’un déclic.
Mais très vite, quelque chose se dresse sur notre route : une fatigue soudaine, un doute, un besoin irrésistible de tout remettre à demain.
Dans son livre La Guerre de l’Art, Steven Pressfield appelle ça la Résistance.
Il la décrit comme une force invisible présente en chacun de nous. Elle prend la forme de la procrastination, de l’excuse rationnelle, de l’envie de tout perfectionner avant de commencer…
Et elle surgit toujours quand on est sur le point de faire quelque chose qui compte profondément.
Ce que Pressfield souligne, c’est que la motivation n’est jamais assez forte pour vaincre la Résistance.
Parce que la motivation va et vient. Parce qu’elle dépend de notre humeur, de notre niveau d’énergie et de notre environnement.
Pour lui, la seule réponse valable, c’est de devenir un professionnel.
Pas au sens de diplôme ou de reconnaissance sociale, mais au sens de celui qui agit, qu’il en ait envie ou non.
L’amateur attend l’inspiration. Le professionnel se met au boulot.
Ce que je retiens, c’est que je ne peux pas attendre d’être inspirée, motivée ou confiante pour agir.
Je dois être la pour mener à bien mon projet comme on se présente à un engagement : avec sérieux, avec régularité, et avec foi.
Parce que sinon, la Résistance l’emporte, et je finirai par procrastiner.
La discipline n’est pas une punition
La plupart des gens voient la discipline comme quelque chose de contraignant, voire d’ennuyeux à la longue. Et ils n’ont pas tout à fait tort.
La discipline est ennuyeuse.
Elle ne récompense pas immédiatement. Elle se contente de répéter ce qui fonctionne, encore et encore, pendant que personne ne regarde.
Mais c’est justement ça, la clé.
Comme l’a si bien dit Leila Hormozi :
“Boredom is the birthplace of success.”
L’ennui est le berceau du succès.
Le succès ne naît pas dans l’excitation, ni dans l’impulsion, ni dans l’inspiration du moment. Il se forge dans la régularité.
Dans ces moments où on fait les choses même quand on n’en a pas envie, même quand le cœur n’y est pas, même quand c’est monotone.
Réviser, s’entraîner, écrire, construire quelque chose… ce sont des gestes qui n’ont rien de spectaculaire. Et pourtant, c’est justement leur banalité et leur constance qui leur donne une force redoutable.
Gardez à l’esprit que la discipline n’est pas un trait de caractère réservé à une élite.
C’est un choix quotidien d’être cette « personne ennuyeuse », pour un temps, afin de devenir la version de soi-même qu’on admire en silence.
Parce que sur le long terme, ce ne sont pas les moments flamboyants qui comptent. Ce sont les actes simples, répétés et alignés avec la personne que l’on aspire à devenir.
Vous êtes ce que vous choisissez de faire
L’existentialisme, et plus particulièrement la pensée de Jean-Paul Sartre, nous rappelle que l’existence précède l’essence.
Autrement dit, vous ne naissez pas avec une nature prédéfinie, une destinée gravée dans le marbre ou un mode d’emploi personnel.
Vous vous définissez par vos choix, par vos actes, par la façon dont vous décidez de vivre, jour après jour.
C’est à la fois une charge et une liberté. Car ca signifie que vous ne pouvez pas éternellement remettre la faute sur le manque de motivation, le contexte, ou vos failles passées.
Fini l’excuse de dire que vous n’êtes pas “faite” pour faire quelque chose, ou de ne pas être “encore prête”.
Chaque fois que vous repoussez une action, chaque fois que vous abandonnez un projet, chaque fois que vous choisissez la facilité, vous construisez malgré vous l’identité que vous redoutez.
Mais la bonne nouvelle, c’est que le pouvoir est entre vos mains.
Parce que, même si vous avez échoué hier, vous pouvez décider aujourd’hui d’agir autrement.
Même si vous n’êtes pas encore là où vous voulez être, vous pouvez commencer à poser les fondations de la personne que vous aspirez à devenir.
L’existentialisme ne cherche pas à édulcorer la réalité. Il ne vous dira pas que le chemin est facile. Mais il vous rappelle ceci :
Vous êtes la somme de vos actions. Vous êtes le projet de vous-même, en train de se construire.
Ce que je retiens et ce que je choisis de faire
Ce que j’ai compris, à travers mes lectures, mes tentatives, et mes résistances, c’est que l’élan du départ — la motivation — ne suffit jamais longtemps. Elle fait naître l’envie, mais elle ne porte pas l’œuvre jusqu’au bout.
Ce qui compte vraiment, c’est ce que je fais quand l’envie s’estompe, quand c’est banal, répétitif, voire ennuyeux.
C’est là que tout se joue.
Comme le rappelle Steven Pressfield, la Résistance attend toujours que je baisse la garde. Elle s’oppose à tout ce qui pourrait m’élever. Et la seule façon de lui faire face, c’est de devenir une professionnelle qui est présente pour son projet chaque jour, qu’il fasse beau ou non dans sa tête.
La discipline, je commence à la voir autrement : non comme une punition, mais comme une promesse tenue envers moi-même. Une preuve quotidienne que je suis capable de choisir ce qui compte, même lorsque ce n’est pas ce qui me tente.
Quelle personne ai-je envie d’être demain ?
Et que vais-je choisir aujourd’hui pour m’en rapprocher ?



